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Interview

« On sait que l’on va être les notaires mal-aimés de la profession »

Caroline Cachet vient d’être nommée notaire à la résidence d’Épernay, dans le cadre de la loi Macron. Elle raconte son parcours et son projet.

La rédaction : Vous venez d’être nommée notaire dans le cadre de la loi Macron. Quelle a été votre réaction en apprenant que vous alliez pouvoir vous installer ?

Caroline Cachet : Je l’ai appris le jour de l’arrêté de nomination, par un email de la Chancellerie. Car au départ, je n’étais pas parmi les trois premiers tirés au sort, j’étais quatrième (il y avait trois offices à créer dans la zone d’Épernay, ndlr). Je crois que j’ai failli faire un malaise, je n’étais pas bien, je ne m’y attendais pas. Ça a été une surprise énorme. À partir du moment où on est nommé, on est démissionnaire d’office. J’abandonne un statut confortable de salarié (Caroline Cachet est actuellement notaire assistant, ndlr). Maintenant, je ne suis plus dans l’émotion mais dans l’action. Je suis très heureuse, je vais enfin pouvoir exercer le métier pour lequel j’ai été formée. Je vais avoir mon entreprise, je vais recevoir mes actes. Ce sera mon nom ! Avec la responsabilité qui en découle.

La rédaction : Vous aviez candidaté dans d’autres zones ?

Caroline Cachet : Non. Je vis à Épernay depuis sept ans et je ne me voyais pas aller candidater à l’autre bout de la France, où je n’aurai connu personne.

La rédaction : Devenir notaire, c’est un souhait que vous aviez depuis longtemps ? Racontez-nous votre parcours.

Caroline Cachet : Oui, j’ai toujours eu le souhait de m’installer un jour. Je suis dans le notariat depuis 2006. J’ai d’abord été notaire stagiaire, et depuis 2011 je suis notaire assistant. J’ai changé d’étude en janvier 2016 parce que je n’avais aucune perspective d’évolution, je savais que je ne serai jamais notaire salariée et encore moins associée. Mais dans la nouvelle étude, il n’y avait encore aucune possibilité d’évolution…

La rédaction : Avez-vous tenté les concours ou essayé d’acheter un office ?

Caroline Cachet : Non, car j’espérais pouvoir trouver une association.

La rédaction : Comment viviez-vous cette impossibilité d’évoluer ?

Caroline Cachet : Ça m’a déçue de la profession. J’envisageais de quitter le notariat et de faire autre chose.

La rédaction : Parlons maintenant de l’avenir. Quand souhaitez-vous ouvrir votre étude ?

Caroline Cachet : J’aimerais arriver à l’ouvrir en juin, mais je suis peut-être trop optimiste ! Quand j’ai appris ma nomination, je n’avais pas initié de démarches. Depuis, j’ai multiplié les recherches. Je pense avoir trouvé un local dans le centre d’Épernay. Un expert-comptable m’aide à faire un budget prévisionnel de charges. Je prête serment le 26 avril, et j’arrête donc de travailler le 25 au soir. À partir de mai, je vais vivre sur mes économies, c’est l’aspect le plus stressant pour moi. C’est pour ça que je voudrais rapidement arriver à ouvrir mon étude. Mais sans pour autant brûler les étapes. Comme me dit mon comptable : « il est urgent de ne pas se presser » !

La rédaction : Vous espérez pouvoir employer des personnes ?

Caroline Cachet : Au début, je serai toute seule. Dès que j’aurai une petite clientèle et des revenus le permettant, j’envisagerai d’embaucher un secrétaire ou un clerc de notaire.

La rédaction : À votre avis, serez-vous bien accueillie par les notaires d’Épernay ?

Caroline Cachet : Je pense que je ne serai pas très bien accueillie. Tous les notaires étaient contre la loi Macron. Je les comprends aussi : trois nouvelles études, c’est de la concurrence en plus. La ville d’Épernay compte sept notaires, plus un notaire qui a un bureau annexe dans une autre ville (hormis les trois nouveaux notaires, dans le cadre de la loi Macron, ndlr). Je vais prendre les choses comme elles viennent, je vais essayer d’être la plus sereine possible. J’ai pris l’initiative de contacter les deux autres notaires qui viennent d’être nommés. On a envie de se serrer les coudes, parce que l’on sait que l’on va être les notaires mal-aimés de la profession.

 

Propos recueillis par Caroline Fleuriot

Commentaires

Place à la nouvelle génération =)

Il serait bon que les nouveaux titulaires d'offices notariaux n'adoptent pas certaines pratiques hautement discutables de leurs prédécesseurs. En particulier, à toute demande de prestation de services faite auprès d'un généalogiste doit correspondre un contrat relevant de l'article L 441-3 du code de commerce. Ce qui ne fait pas obstacle à l'application de l'article 36 de la loi 2006-728 du 23 juin 2006. Toute autre possibilité étant contraire au droit.

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Caroline Cachet

Caroline Cachet travaille dans le notariat depuis 2006, en tant que notaire stagiaire, puis notaire assistant. Elle est diplômée notaire depuis 2011. Après avoir déposé sa candidature pour la zone d’Épernay, dans le cadre de la loi Macron, elle a été nommée notaire par un arrêté du 29 mars 2017.