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Le quotidien du droit en ligne

Le droit en débats

Les conseillers du commerce extérieur de la France : des agents de l’ombre ou à l’ombre de la diplomatie économique française ?

le 05 Novembre 2026 / Administratif | Affaires

Le décret du 4 août 2026 modifie le statut des conseillers du commerce extérieur de la France. Le sujet peut sembler bien secondaire, tant ces conseillers se font discrets, comme en témoigne la faible place qu’ils occupent dans la doctrine. Cette relative indifférence est pourtant injustifiée, au regard aussi bien de l’importance des missions qui leur sont confiées dans le cadre de l’internationalisation de l’économie française que de l’originalité de leur statut, remarquable pour un réseau de bénévoles créé en 1898. Cette discrétion est peut-être entretenue par les acteurs eux-mêmes, par contraste avec une diplomatie économique plus ostentatoire, faite de salons clinquants. Le gouvernement entend toutefois les sortir de l’ombre, tout en cherchant à se prémunir contre tout risque de déloyauté en réduisant, non sans paradoxe, leurs liens avec les puissances étrangères. Cette réorganisation repose sur une redéfinition du contrôle ministériel, qui révèle les tensions anciennes d’une diplomatie économique partagée entre Bercy et le Quai d’Orsay.

Polygamie et CEDH bashing

le 21 Octobre 2026 / Civil | Européen

Avant même d’être rendu, l’arrêt A.A. c/ Pays-Bas portant sur un refus de réunification familiale d’un père avec ses enfants issus d’unions polygames avait défrayé la chronique et donné lieu à des spéculations sur un manque de fermeté de la Cour européenne des droits de l’homme à l’égard de la polygamie et, de manière plus générale, de l’instrumentalisation de la Convention. L’arrêt rendu le 8 septembre 2026 n’y a pas mis fin, alors qu’il comporte des principes non équivoques conduisant en l’espèce la Cour à constater une non-violation de l’article 8 de la Convention. La présente contribution critique entend montrer que les polémiques autour de cette affaire illustrent jusqu’à la caricature les critiques excessives visant la Cour.

Prise illégale d’intérêts : le retour au bon sens

le 15 Octobre 2026 / Pénal

Il aura fallu deux interventions du législateur pour que la prise illégale d’intérêts cesse de réprimer le simple risque d’une atteinte à la probité et ne sanctionne plus que l’atteinte effective. Depuis le début de l’année 2026, une douzaine de décisions de cassation ou de relaxe en ont pris acte. Reste à espérer que les parquets en tiendront compte dès l’engagement des poursuites : pour des faits que la loi nouvelle ne réprime plus, la relaxe ne devrait pas être l’aboutissement d’un long et éprouvant parcours judiciaire.

La motivation des décisions, garante d’une justice transparente, compréhensible et non arbitraire : analyse critique de la procédure « PARDI » issue du décret dit « Magicobus III »

le 15 Septembre 2026 / Procédure civile | Civil

Présentée comme un instrument de simplification de la justice civile, la procédure d’admission rapide des demandes incontestées (PARDI), issue du décret « Magicobus III », permet au juge de faire droit à certaines demandes sans en examiner ni en motiver le bien-fondé. Derrière le gain d’efficacité recherché, la réforme ébranle ainsi une garantie fondamentale du procès : la motivation des décisions de justice. Sa légalité, son efficacité et ses nombreux effets de bord conduisent dès lors à s’interroger sur le prix à payer pour cette justice accélérée.

Quel avenir pour la prohibition des accords relatifs à la filiation ?

le 11 Septembre 2026 / Famille - Personnes | Civil

Le recours à un acte de « non-paternité » par le chanteur franco-suisse Quentin Mosimann met en lumière l’existence d’accords relatifs à la filiation, en principe prohibés au nom de l’ordre public. L’analyse des fondements traditionnellement mobilisés à son soutien révèle que la prohibition ne procède que d’un choix législatif entre les valeurs attachées à la filiation. 

Migrations et récits anti-judiciaires. La déclaration de Chișinău : victoire ou pis-aller diplomatique ?

le 07 Septembre 2026 / Administratif | Européen

Présentée comme un compromis diplomatique rassurant après les offensives politiques dirigées contre la Cour européenne des droits de l’homme, la déclaration de Chișinău consacre l’instrumentalisation du contentieux migratoire à des fins électoralistes et ouvre une brèche susceptible d’affaiblir, à terme, l’architecture européenne de protection des droits fondamentaux1.

Le retrait des propositions législatives par la Commission européenne : l’équilibre institutionnel à l’épreuve des luttes d’influence au sein du Parlement européen

le 10 Juillet 2026 / Européen

Le 27 avril 2023, la Commission européenne adoptait une série de propositions législatives connue sous le nom de « Paquet brevet », dont une d’entre elles concernait la règlementation des brevets essentiels à des normes (BEN)1.

Assureurs et Cour de cassation : quelle transparence pour les consultations menées en amont des décisions ?

le 09 Juillet 2026 / Assurances | Responsabilité | Affaires | Civil

Lors d’un colloque organisé par la Cour de cassation en mars 2026, un avocat général de la deuxième chambre civile a indiqué que certaines décisions majeures rendues dans les contentieux liés au covid-19 avaient été précédées de consultations de professionnels de l’assurance. Ces déclarations relancent le débat sur la place des études d’impact économiques et des consultations sectorielles dans l’élaboration de la jurisprudence, mais surtout sur les exigences de transparence, de contradictoire et d’égalité des armes lorsque seuls certains acteurs sont entendus. Si la prise en considération des conséquences pratiques et systémiques des décisions juridictionnelles répond à une préoccupation légitime de bonne administration de la justice, les modalités de ces consultations, leur publicité ainsi que l’éventuelle diversité des intérêts représentés interrogent les garanties procédurales qui devraient les entourer. Plus largement, ces échanges invitent à une réflexion sur les conditions dans lesquelles de telles pratiques peuvent être conciliées avec les exigences de confiance et d’apparence d’impartialité attachées au fonctionnement des juridictions suprêmes. 

Le climat intègre le périmètre du devoir de vigilance

le 07 Juillet 2026 / Environnement

Mise en demeure le 19 juin 2019 par des associations et collectivités de compléter son plan de vigilance par des considérations climatiques, la société TotalEnergies SE était assignée à cette fin le 28 janvier 2020. Après avoir achoppé sur la question de la détermination du juge compétent avant que la question ne soit tranchée par la loi, l’action s’est cristallisée autour de la recevabilité des demandes. Cette saga jurisprudentielle, qui n’a pas atteint son point d’orgue, fait l’objet d’une première décision au fond riche d’enseignements.

Le Mont-Saint-Michel doit-il devenir un domaine national ?

le 06 Juillet 2026 / Administratif | Bien

La polémique née de l’utilisation du Mont-Saint-Michel dans une campagne publicitaire de la maison Jacquemus révèle les limites du régime applicable à l’exploitation commerciale de l’image des biens immeubles du domaine public. Depuis plusieurs jours, la maison Jacquemus diffuse sur les réseaux sociaux une série de photographies réalisées dans la baie du Mont-Saint-Michel. Le directeur de l’établissement public a regretté que cette exploitation commerciale de l’image du site soit intervenue sans concertation préalable.