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Le barreau de Seine-Saint-Denis s’insurge contre la justice rendue à l’aéroport

Le barreau de Bobigny s’est rendu en délégation, accompagné de représentants de nombreux barreaux et syndicats, pour visiter et surtout protester contre l’ouverture prochaine de l’annexe du TGI de Bobigny. Elle sera située au cœur de l’aéroport de Roissy et collée à la zone d’attente où sont retenues les personnes, qui n’auront que quelques mètres à parcourir pour passer devant le juge des libertés et de la détention.

par Julien Mucchiellile 30 mai 2017

Un concorde inerte au loin tourne le nez au bâtiment tout engrillagé de vert qui est un futur tribunal. L’annexe du tribunal de grande instance de Bobigny est indiquée par un panneau depuis la route, entre tarmac et aérogare, sous le bourdonnement des avions. Au même endroit, la « zone d’attente pour personnes en instance » (ZAPI), où sont maintenus les étrangers en situation irrégulière en instance de « reconduite à la frontière ». En réalité, le même bâtiment. L’accès en transport est difficile : un RER, et un bus aux horaires de rase campagne qui dépose le visiteur opiniâtre à 10 minutes à pied du bâtiment, où il se rendra par une route sans trottoir – ce qui serait utile pour marcher, mais assez rare dans cette zone de l’aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle.

C’est pour cela que lundi 29 mai, la délégation d’avocats et de représentants d’associations d’aide aux étrangers, est venue en bus affrétés par le barreau de Seine-Saint-Denis. Ils contestent la délocalisation des audiences « JLD » des 7 000 étrangers placés en zone d’attente chaque année, jusqu’ici jugés à Bobigny.

Les avocats ont été invités par le président du tribunal de grande instance de Bobigny, Renaud Le Breton de Vannoise. L’entrée du public est séparée d’environ sept pas du lieu de rétention, cloisonné par un grillage. Après la sécurité, la salle d’audience principale, qui accueille environ 50 personnes. Derrière, une porte, par laquelle accèdent les personnes comparantes. La suite de la visite se fait par là, et au bout d’un petit couloir, une pièce minuscule est prévue (mais pas encore aménagée) pour accueillir les familles. Ensuite, une salle pour l’entretien avec l’avocat et l’interprète, une autre salle d’audience et,...

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