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Bien mal acquis : le mercenaire, le président et les avocats

L’unique témoin de Teodoro Nguema Obiang Mangue, le fils du président de Guinée équatoriale jugé à Paris dans l’affaire des « biens mal acquis », l’ex-mercenaire britannique Simon Mann a affirmé à la barre que l’avocat de Transparency International, Me William Bourdon, avait envisagé de renverser le gouvernement. « Toutes les scenarios avaient été envisagés. Même les moyens légaux », a tempéré l’ex-mercenaire, costume bleu gris et coupe de cheveux au carré.

par Pierre-Antoine Souchardle 27 juin 2017

« Ce procédé-là atteint le paroxysme de la salissure. Ce sont des procédés d’une extrême gravité », s’est indigné William Bourdon se réservant le droit d’engager des poursuites contre le témoin et la défense de M. Obiang fils. L’incident, survenu vers 21 heures, a réveillé un public assommé par la chaleur et la moiteur étouffante de la salle d’audience.

Qui est Simon Mann ? Cet ancien officier du Special Air Service (SAS) de l’armée de sa très gracieuse majesté s’est reconverti dans le mercenariat. Il sévit en Angola, Sierra Leone… En 2004, à la tête d’un groupe de mercenaires, il est arrêté à l’aéroport d’Harare, au Zimbabwe. La petite troupe devait se rendre à Malabo pour destituer le président Obiang. Condamné à 8 ans, il est extradé en 2008 en Guinée équatoriale. Où cette fois, il écope d’une peine de 34 ans.

« Après 18 mois, j’ai été gracié par le président Obiang », affirme à la barre l’ancien mercenaire par le truchement d’une interprète hésitante. Derrière cette grâce providentielle, un deal : « aider la Guinée équatoriale à poursuivre mes donneurs d’ordre », explique-t-il à la barre. À...

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