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La majorité veut renforcer le contrôle sur le net

Alors que l’Assemblée commence aujourd’hui l’étude du projet de loi visant à sécuriser et réguler l’espace numérique, la majorité et les rapporteurs multiplient les dispositifs pour renforcer le contrôle sur internet : identification sur les réseaux sociaux, amendes forfaitaires délictuelles sur les délits d’expression, délit d’outrage en ligne, peine de bannissement des réseaux sociaux.

par Pierre Januel, journalistele 4 octobre 2023

La question du contrôle des réseaux sociaux et de la haine en ligne est lancinante depuis plusieurs années. Le projet de loi visant à sécuriser et réguler l’espace numérique, dont l’étude en séance commence aujourd’hui à l’Assemblée, est l’occasion pour les députés d’ajouts importants, par des moyens très divers.

Des amendes forfaitaires délictuelles dans la loi de 1881

Les parlementaires souhaitent accélérer la réponse pénale sur les comportements relevant de la haine en ligne. Dans cet esprit, les sénateurs avaient créé un délit d’outrage en ligne (art. 5 bis) qui aurait puni la diffusion en ligne de tout contenu portant « atteinte à la dignité d’une personne ou présente à son égard un caractère injurieux, dégradant ou humiliant » ou créant « à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante ». Une infraction passible d’un an de prison et de 3 750 € d’amende, mais qui aurait pu être réglée par une amende forfaitaire délictuelle (AFD) de 300 €.

En commission, les députés ont supprimé ce nouveau délit d’outrage en ligne, mais ont conservé le principe de l’AFD à 300 € pour plusieurs délits de presse, notamment les injures et diffamations publiques à caractère racial ou lié au sexe, à...

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