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Me Dupond-Moretti répond rudement au directeur de l’École nationale de la magistrature

par Marine Babonneaule 15 septembre 2017

Deux jours après la publication d’une lettre ouverte d’Olivier Leurent, à la tête de l’ENM, réagissant aux propos de l’avocat prônant la suppression de l’école (V. Dalloz actualité, 13 sept. 2017, art. M. Babonneau ), c’est au tour de Me Dupond-Moretti d’écrire au magistrat. Il fallait s’y attendre.

L’avocat n’en démord pas, « depuis quelques années, et je le déplore, j’ai assisté à l’émergence d’un nouveau type de magistrats, plus justiciers que juges, qui détestent et méprisent les avocats ». Il ajoute : « personne ne peut nier que pour beaucoup de magistrats (…), les avocats ne sont que des mercenaires à la solde des criminels, au point même que certains juges refusent désormais de les recevoir dans leur cabinet ».

Une raison aux tensions entre les deux professions, selon Éric Dupond-Moretti. C’est « l’enclavement des juges créé, dès l’origine, par l’ENM, qui encaste les jeunes professionnels et leur donne un sentiment d’entre soi (…) L’ENM initie et nourrit ce que le président Canivet avait appelé, à propos de l’affaire d’Outreau, « la bureaucratie judiciaire » ». « Corporatisme », « mouvement panurgique » interdisent « une réflexion critique et individuelle des magistrats », estime le ténor. Ils ne sont pas dépourvus d’humanité, se défend-il, mais une « expérience dans l’avocature » – comme en Belgique, précise-t-il – leur permettrait « d’appréhender la vie judiciaire avec moins de certitudes ».

Olivier Leurent l’a invité à venir échanger à l’ENM. « J’attends donc votre invitation, non pas pour en découdre sur le pré dès potron-minet mais échanger nos points de vue. Chiche ? », conclut Éric Dupond-Moretti. À défaut d’apaiser les relations parfois tendues entre magistrats et avocats, le jeu devient amusant. En attendant la joute bordelaise.

 

Commentaires

Qu'il me soit permis de rebondir sur cette citation de notre confrère Dupond-Moretti qui, évoquant les magistrats, écrit "l’enclavement des juges créé, dès l’origine, par l’ENM, qui encaste les jeunes professionnels et leur donne un sentiment d’entre soi"
N'est-il pas lui-même quelque peu obnubilé par la spécificité de sa spécialité et donc ne généralise-t-il pas à toute une profession son ressenti individuel avec quelques magistrats ? La plupart des confrères et des magistrats que je connais, que ce soit dans le droit privé général ou dans le droit des affaires ne se retrouve sans doute pas dans cette affirmation péremptoire.

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