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Michel Laval, Plaidoirie d’outre-tombe

Dans ce beau texte, Michel Laval laisse parler l’avocat Vergniaud, l’un des Girondins les plus célèbres, traduit en octobre 1793 devant le tribunal révolutionnaire. Dans une langue subtile et un style très caractéristique de l’époque, l’auteur donne à son confrère d’outre-tombe l’occasion de s’exprimer dans le contexte très troublé de la Terreur.

par Thibault de Ravel d’Esclaponle 26 juin 2017

Tout le problème, avec les Girondins, c’est que les hommes sont devenus groupe. D’ailleurs, il n’est pas même certain qu’ils aient été autre chose qu’un groupe aux yeux des autres, une faction, diraient les esprits de l’époque. Ce qui est sûr, c’est que les individualités n’ont jamais vraiment marqué avec force, les qualités propres de chacun, les personnalités n’ont pas toujours été réellement identifiées à la mesure de ce qu’elles étaient. Certes, des noms émergent parfois : Brissot, Roland, parmi les plus connus. Chez les juristes, Lanjuinais est peut-être plus célèbre. Certains étaient des conventionnels, d’autres non. L’unité, parmi les Girondins, est parfois discutée. Mais il faut bien avouer que ces personnages remarquables n’ont pas eu l’épaisseur historique d’un Robespierre, d’un Saint-Just ou encore d’un Danton, voire d’un Mirabeau quelques années plus tôt. Il y a une postérité individuelle de la Montagne que n’a pas eue la Gironde, c’est un fait. Sans doute faut-il mettre cela sur le compte du sort collectif qui leur a été réservé. Liés dans la mort, face au tribunal révolutionnaire, leur traitement postérieur s’en est trouvé affecté. Et une fois encore, c’est ensemble qu’ils ont été réhabilités après le...

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