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Les « petits papiers » de Chateaubriand : à qui appartient son manuscrit ?

par Thibault de Ravel d'Esclaponle 21 décembre 2015

Cela commence autour d’une caisse, dans l’office d’un notaire, il y a près de deux siècles ; et cela se poursuit aujourd’hui, à Paris, devant le tribunal. Le notaire n’est plus dans son office, Chateaubriand est à la 30e chambre correctionnelle, un jugement vient d’être rendu à propos du manuscrit de sa grande œuvre : les Mémoires d’outre-tombe. Voilà qu’il vient d’être dit, dans cette décision du 10 décembre, que ce manuscrit n’appartenait pas au successeur du notaire, qu’il n’avait pas le droit de le vendre et que ce faisant il s’était rendu coupable d’un abus de confiance. La cession du manuscrit allait potentiellement lui rapporter 550 000 € – c’était le prix convenu, semble-t-il, avec la Bibliothèque nationale de France (BNF) – puis plus rien – le notaire avait ensuite proposé de le céder gratuitement – et, enfin, tout cela finira par lui coûter 25 000 € : c’est le montant de l’amende à laquelle il vient d’être condamné. On le comprend, tout l’enjeu de cette affaire singulière était de savoir si celui qui s’affichait comme le propriétaire du manuscrit des Mémoires en était vraiment le propriétaire. Non qu’il n’y ait pas déjà eu des histoires dans lesquelles quelqu’un cède la chose d’un autre. Au vrai, c’est assez courant. Mais quand il s’agit du manuscrit des Mémoires d’outre-tombe, on y regarde à deux fois. Il faut dire qu’il y avait 3 514 feuillets, répartis en 42 portefeuilles.

C’était le contenu de ce coffre. Comment en est-on arrivé là ? Tout simplement parce Chateaubriand avait besoin d’argent et qu’il s’est décidé à céder ses droits sur les mémoires qu’il allait rédiger à son éditeur. Mais Chateaubriand n’est pas d’un caractère facile, il a ses exigences. Et, surtout, son œil...

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