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Première affaire : petite chronique des pas perdus d’une avocate

Évoquant les premiers pas d’une jeune avocate dans les méandres de la procédure pénale, le premier film de V. Musieldak a le mérite de prendre à contrepied les clichés qui s’accrochent à la figure de l’avocat au cinéma. L’héroïne ne portera d’ailleurs jamais la robe au cours du film et dévoilera sa propre personnalité plutôt que de se cacher derrière sa fonction. Néophyte dans le domaine de la garde à vue, et plus largement dans le domaine de la vie, elle va emmener le spectateur avec elle au cœur de ses doutes et de la difficulté de défendre un suspect. 

« Je jure, comme avocat, d’exercer mes fonctions avec dignité, conscience, indépendance, probité et humanité » : le serment de l’avocat inscrit sur l’affiche d’un film, voilà une belle promesse et une belle ambition !

Il n’est cependant absolument pas nouveau de représenter l’avocat au cinéma et tous les cinéphiles les connaissent bien (C. Guéry, Les avocats au cinéma, PUF, 2011). Figure centrale des films de procès, sa simple évocation renvoie inévitablement le spectateur aux plus grands acteurs et aux plus grandes plaidoiries qui auront particulièrement marquées le cinéma français et américain. Paul Newman dans Le Verdict, Denzel Washington dans Philadelphia, Gregory Peck dans Du silence et des ombres mais aussi Jean Gabin dans En cas de malheur, Charles Vanel et Paul Meurisse dans La vérité. Liste loin d’être exhaustive qui prouve que les exemples ne manquent pas et s’impriment facilement dans la mémoire du grand public ou des juristes cinéphiles. En dehors du cercle juridique, l’ensemble des citoyens peut citer des avocats célèbres à l’instar de Robert Badinter, Georges Kiejman, Gisèle Halimi ou encore Hervé Temime et Henri Leclerc.

Pourtant, nulle volonté pour la réalisatrice de convoquer de grandes figures historiques du barreau ou de s’inscrire dans les pas de l’année 2023 et sa longue chaîne de films de procès dont Anatomie d’une chute, Le procès Goldman, Je verrai toujours vos visages, ou encore Toi non plus tu n’as rien vu. Il n’y a d’ailleurs aucune scène de procès dans Première affaire.

Un avocat qui ne clôture pas le film dans le prétoire : en voilà une vision bien réelle et pourtant presque nouvelle dans le cinéma. Généralement, l’avocat au cinéma c’est celui qui plaide, combat, interroge et débat : c’est celui vêtu de...

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