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Transactions immobilières : bilan 2019

En cette fin d’année 2019, les Notaires de France ont dévoilé, le 10 décembre, le bilan immobilier de l’année et les premières tendances pour l’année 2020.

par Julie Palayerle 6 janvier 2020

Record

C’est sur un chiffre record que s’ouvre le bilan de l’année 2019 : au 30 septembre, le nombre de transactions réalisées au cours des douze derniers mois en France est de 1 059 000, ce qui correspond à une hausse de 10,4 % par rapport à 2018.

Plusieurs facteurs expliquent un tel dynamisme :

  • des taux de crédit historiquement bas, combinés à une augmentation de leur durée permettant aux acheteurs de supporter la hausse des prix ;
     
  • la confiance retrouvée des acheteurs dans le placement immobilier qu’ils considèrent comme une valeur refuge, là où le rendement des placements mobiliers a tendance à faiblir (l’achat immobilier à Paris étant qualifié de « pierre coffre-fort ») ;
     
  • une vitesse importante de rotation des biens (facteur habituel pour Paris mais nouveau pour la province).

L’acquéreur actuel

Les chiffres figurant dans le bilan établi par les Notaires de France permettent de dresser le profil de l’acquéreur actuel : il cherche à devenir propriétaire et bien souvent dans un but locatif. Cette idée de l’existence d’un « marché d’utilisateurs » permet alors a priori d’écarter la menace d’une bulle spéculative se formant actuellement sur le marché immobilier comme certains ont pu le craindre. Sur l’ensemble du territoire, cet acquéreur actuel est de plus en plus jeune (l’acquéreur a en moyenne 37 ans à Grenoble et 39 ans à Paris) et est de plus en plus souvent un primoaccédant. Quant à sa catégorie socioprofessionnelle, il est majoritairement un cadre supérieur. De plus, l’acquéreur actuel achète de plus en plus sans apport et pour une durée plus longue, ce qui constitue une nouveauté sans que cela génère de perte de confiance entre l’acquéreur et le vendeur. Enfin, il s’avère que l’acquéreur actuel se montre de plus en plus avisé en cherchant à s’informer au préalable sur ses capacités réelles d’emprunts.

Hausse de l’indice des prix

En un an, on constate une hausse générale de l’indice des prix sur le territoire national : + 4 % pour les appartements anciens en France métropolitaine et + 2,5 % pour les maisons anciennes. Concernant l’acquisition d’appartements, on remarque un attrait de plus en plus fort pour les villes de l’ouest au détriment des villes méditerranéennes. Pour les maisons, des records de prix ont été dépassés dans les plus grandes agglomérations, à l’exception de Grenoble et du Havre, seules à enregistrer une baisse de prix en 2019. Nouveauté à signaler : à Saint-Étienne, le marché de l’immobilier commence doucement à remonter.

Capacité d’achat

Le prix de vente médian en province en 2019 atteint 125 000 € pour un appartement ancien et 165 000 € pour une maison ancienne. Si, avec un budget de 250 000 €, un acquéreur peut s’offrir un quatre-pièces à Toulouse, il ne peut s’offrir qu’un deux-pièces à Paris. De même, si, pour un budget de 500 000 €, un acquéreur peut devenir propriétaire d’un trois-pièces à Cannes, il peut acquérir un six-pièces à Créteil.

Stabilité du pouvoir d’achat sur le plan national

À l’échelle nationale, pour acquérir un appartement, sur la base d’une mensualité de 800 € par mois remboursant un emprunt d’une durée de vingt ans (ce qui correspond à un budget de 160 000 € sans apport), la surface habitable finançable est de 56 m2, ce qui est identique à l’année 2018. En 2019, à Saint-Étienne, ce budget permettrait d’acquérir 171 m2, tandis qu’à Paris, il ne permettrait d’acquérir qu’un 16m2. De même, pour l’acquisition d’une maison, sur la base d’une mensualité de 1 300 € sur vingt ans (ce qui correspond à un budget de 260 000 € sans apport), la surface habitable finançable est également stable et atteint 154 m2 à l’échelle nationale. À Lille, ce même budget permettrait d’acquérir un 129 m2 tandis qu’il permettrait l’achat d’un 79 m2 à Bordeaux.

Tendances pour 2020

Une hausse des taux d’intérêt n’est pas attendue, ce qui devrait continuer d’attirer les potentiels acquéreurs, les primoaccédants étant de plus en plus nombreux à entrer sur le marché. De facto, il pourrait il y avoir une tension du marché en raison de la diminution des stocks de biens immobiliers disponibles et in fine une augmentation des prix. Si nul n’est en mesure de l’affirmer, il ne faut pas oublier les données permettant de détendre le marché : d’une part, la construction, un facteur capable d’influencer la tendance du marché et, d’autre part, le vieillissement de la population, les personnes âgées vendant leurs biens immobiliers sans en racheter, notamment en raison de leur placement en maisons de retraite. Toujours est-il que le volume des transactions en 2020 est attendu comme aussi dynamique que celui de 2019.

 

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