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Violences faites aux femmes : les principales données pour 2016

À l’occasion de la journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes, les principales données sur les violences au sein du couple et les violences sexuelles ont été publiées par l’Observatoire national des violences faites aux femmes (ONVF).

par Pauline Massonle 30 novembre 2017

L’étude nationale de l’année 2016 sur les morts violentes au sein du couple, réalisée par la délégation aux victimes pour le ministère de l’Intérieur, précise certaines de ces données.

Les violences au sein du couple

En 2016, en France, 123 femmes sont mortes sous les coups de leur partenaire (conjoint, concubin, pacsé ou ex) contre 34 hommes, soit une femme tous les trois jours. Sur cette année, 225 000 femmes âgées de 18 à 75 ans déclarent avoir été victimes de violences physiques et/ou sexuelles par leur conjoint ou ex-conjoint sur une année. Les violences au sein du couple sont protéiformes (physiques, sexuelles, verbales, psychologiques) et fréquemment répétées (73 % des femmes victimes de violences physiques et/ou sexuelles au sein du couple). Elles ont provoqué pour cette année 252 décès. Dans le cadre du couple, elles sont majoritairement commises sans présence d’addiction ou de substance susceptible d’altérer le discernement de l’auteur et de la victime (60.14 % des cas). Le lieu de commission varie mais reste en grande partie le domicile du couple. Elles aboutissent parfois au suicide ou à la tentative de suicide de l’auteur (34,06 % des auteurs d’homicide se sont suicidés, 7,25 % ont tenté de le faire). Dans le contexte intrafamilial, cinq affaires ont donné lieu à la mort de neuf mineurs. Ils ont été tués par leur père en même temps que leur mère. Toutefois, les mineurs sont davantage victimes indirectes. Ils sont témoins (les faits ont été commis devant eux) ou présents lors des faits ou encore deviennent orphelin de père et/ou de mère.

Les violences au sein du couple donnent rarement lieux à un dépôt de plainte. Moins d’une femme sur cinq déclare avoir déposé plainte. La consultation d’un professionnel de santé constitue le premier recours des victimes de ces violences (24 % ont consulté un médecin).

En 2016, les forces de sécurité ont enregistré 109 920 victimes de violences commises par des partenaires dont 88 % sont des femmes (96 730 femmes et 13 180 hommes). Au total, le nombre de personnes condamnées est de 17 660, particulièrement des hommes (96 %). Après avoir augmenté les trois premières années depuis leur création, le nombre des ordonnances de protection tend à se stabiliser (1 456 en 2016, 1 459 en 2015, 1 302 en 2014, 1 184 en 2013).

Les violences sexuelles

En 2016, en France, 93 000 femmes âgées de 18 à 75 ans sont victimes de viols et/ou de tentatives de viol, contre 15 000 hommes. 48 % d’entre elles ne font aucune démarche (absence de consultation chez un médecin, un psychiatre, un psychologue, absence de sollicitation des services sociaux, d’appel d’un numéro vert, absence de rencontre au sein d’une association d’aide aux victimes ou encore pas de dépôt de main courante ou de plainte). Le recours à un médecin est le plus souvent observé (32 %), celui de la plainte reste faible (9 %). Moins d’une victime sur dix déclare avoir déposé plainte. Dans 91 % des cas, les femmes victimes de viols et de tentatives de viols connaissent l’agresseur. Les agresseurs inconnus représentent seulement 9 % de l’ensemble des agresseurs.

En 2016, les forces de sécurité ont enregistré 36 730 victimes de violences sexuelles, principalement des femmes (31 300 femmes et 5 430 hommes soit 85 % des cas) et majoritairement des mineurs (56 %). Les parquets et les tribunaux de grande instance ont traité plus de 38 000 affaires de violences sexuelles, avec pour la grande majorité d’entre elles des auteurs présumés. Après examen par le parquet, environ deux tiers de ces auteurs ont été classés sans suite. En 2016, 6 000 hommes et 80 femmes ont été condamnés pour violences sexuelles. 99 % des condamnations ont été prononcées contre des hommes généralement pour des faits commis sur mineurs de 15 ans (52 % de l’ensemble des condamnations pour viols et agressions sexuelles).

Les violences sexuelles subies par les femmes sont plus fréquentes, se produisent tout au long de la vie et touchent toutes les sphères de vie. La famille et les proches représentent l’espace le plus dangereux en ce qui concerne les viols et les tentatives de viols. Les agressions sexuelles sur les femmes, majoritairement les attouchements, sont le plus couramment commises au sein d’espaces publics.

La lutte contre les violences faites aux femmes progresse. Le 25 novembre 2017, dans un contexte de révolte contre les violences sexistes, le président de la République a présenté plusieurs propositions et a déclaré vouloir faire de l’égalité femmes hommes une grande cause quinquennale.

 

Références

 

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