Accueil
Le quotidien du droit en ligne
Envoyer à un ami-A+A
Interview

Collectivités territoriales : « Il faut aller vers la réduction du nombre de communes »

Rapport de la Cour des comptes, baisse des dotations, réforme territoriale… Les sujets d’inquiétude étaient nombreux au congrès des directeurs généraux des collectivités territoriales, qui a eu lieu du 16 au 18 octobre 2014 à Nancy. Le président du syndicat a répondu aux questions de la rédaction.

le 26 octobre 2014

La rédaction : Dans son intervention lors de la séance d’ouverture de votre congrès, le président de la communauté urbaine du Grand Nancy, André Rossinot, vous a suggéré de vous rendre à la Cour des comptes pour expliquer à ses magistrats la gestion des collectivités territoriales. Le ferez-vous et qu’auriez-vous envie de leur dire ?

Stéphane Pintre : Je pense qu’en effet, je vais le faire. Je vais demander un rendez-vous au premier président de la Cour des comptes pour essayer de comprendre les raisons de ce procès en sorcellerie qui est fait aux collectivités territoriales. La Cour des comptes n’est certainement pas responsable de tout ; il y a aussi la façon dont les médias utilisent ses rapports. Il n’empêche que la Cour des comptes s’en rend un peu complice. Une chose est de dénoncer les dérives, une autre est de mettre en cause l’ensemble des collectivités françaises.

Il y a des collectivités qui ont pu mal se comporter, comme Angoulême autrefois. Mais ce n’est pas la réalité de ce pays. Les collectivités territoriales ne jettent pas l’argent par les fenêtres ! Si elles dépensent de l’argent et ont des masses salariales importantes, il y a diverses explications, toutes légitimes : les transferts de compétence, l’augmentation de la population et le rôle social des communes, notamment. Qu’il y ait des efforts à faire dans certains endroits, c’est vrai, mais il faut être conscient que, si les collectivités revenaient en arrière totalement, cela poserait d’autres problèmes. Si, demain, les communes ne font plus de recrutement social, qu’arrivera-t-il aux personnes qui ne sont pas employables dans le secteur privé ? Elles seront à la charge de la solidarité nationale, donc elles coûteront aussi cher et, en plus, elles n’auront plus l’utilité sociale qu’elles ont aujourd’hui, même si elles n’ont pas la même productivité que d’autres.

La population de ce pays ne cesse d’augmenter, donc les collectivités ont des charges supplémentaires pour les écoles, les cantines, les centres aérés. Et, en plus de la demande sociale, il y a des normes qu’on nous impose. Quand vous ouvrez une crèche, vous savez que cela va vous coûter cher parce qu’il faut tant de puéricultrices, d’auxiliaires de puériculture selon le nombre d’enfants… Tout cela est normé.

Tous ces éléments, on aimerait les retrouver dans les rapports de la Cour des comptes. On aimerait que, s’il y a un procès, il ne soit pas qu’à charge.
Qu’on stigmatise les collectivités qui commettent des excès, c’est une chose. Mais qu’on en fasse une généralité, c’est insupportable. On dénonce le « déficit » des collectivités locales. Mais les collectivités sont soumises à une règle d’équilibre budgétaire et l’immense majorité des...

Il vous reste 75% à lire.

Vous êtes abonné(e) ou disposez de codes d'accès :

Pintre Stéphane

Stéphane Pintre est président du Syndicat national des directeurs généraux des collectivités territoriales.