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Le droit en débats

Le cas Aram M…, ou la dictature de la bien-pensance à l’université

Mardi 29 septembre 2020,
Des étudiants s’agitent,
Twitter s’affole,
Des vidéos circulent,
Les bien-pensants s’offusquent,
Et bientôt, le verdict tombe,
Les pouces se tournent vers le bas,
La condamnation est unanime : Aram M…, professeur d’histoire du droit au sein de la prestigieuse université de Paris I Panthéon-Sorbonne aurait tenu des propos homophobes et transphobes devant ses étudiants.

Par Cécile Jabaly et Georges Sauveur le 14 Octobre 2020

Aussitôt, la presse s’empare du sujet : « Un professeur de la Sorbonne associe mariage pour tous et zoophilie et provoque un tollé », ou encore « homophobie… comparaisons douteuses… les dérapages d’un professeur de droit », peut-on lire.

Bribes de vidéos à l’appui, sur internet et dans la presse, on réclame la tête du provocateur.

À l’écran, Aram M… dispense un cours. On comprend rapidement qu’il traite de l’émancipation de l’homme du carcan religieux, ce dernier repoussant sans cesse les limites sociales et juridiques autrefois établies par les dogmes. À titre d’exemple, l’enseignant cite la légalisation du mariage pour tous en ajoutant : « moi, à titre personnel, je suis fondamentalement hostile au mariage des homosexuels ». Il précise néanmoins qu’il ne s’agit que de son opinion personnelle, opinion qu’il devrait pouvoir librement exprimer, au même titre que tout citoyen vivant dans un pays démocratique.

En tant que professeur, son propos s’inscrit en outre dans une démonstration qui, dans les articles ou sur Twitter, disparaît complètement au montage, et favorise dans l’esprit de certains des associations douteuses. Étonnement, seule demeure, hors contexte, son opposition personnelle au mariage pour tous… Toute forme de réflexion ou de bon sens ayant disparu depuis longtemps.

Et pourtant, ce n’est pas faute de l’avoir répété. Pour introduire d’autres exemples, l’enseignant martèle : « Maintenant, ce n’est pas de la polémique pour de la polémique, ça va prendre un tour polémique, mais c’est moins le cas d’espèce du mariage homosexuel que les fondements profonds de ce changement paradigmatique qui est que l’homme a écarté la religion. Vous allez voir où je veux en venir ».

Viennent ensuite deux exemples « polémiques », qui seront repris en boucle et hors contextes par ses détracteurs. Le premier exemple, spéculatif, fait état d’un homme voulant épouser sa jument, dès lors que celle-ci serait dotée de la personnalité juridique et qui fonderait alors sa demande sur le principe de non-discrimination. Le second exemple, jurisprudentiel et d’actualité, cette fois, relate l’histoire d’un père de famille souhaitant être reconnu juridiquement comme la mère de ses enfants après son changement de sexe. Le professeur poursuit : « j’ai oublié l’espèce tellement ça m’a laissé perplexe », laissant ainsi transparaître son opinion.

Afin que ses étudiants comprennent que « ce n’est pas de la polémique pour de la polémique », Aram M… prend, à nouveau, la peine de rappeler la substance même soutenant son propos : « Tout ça pour dire que des portes sont ouvertes et il n’y a plus de limites […], il y a un courant puissant. Que se cache derrière tout ça […] ? C’est l’homme, et c’est ça le plus grave, c’est l’homme tout puissant ».

Pour illustrer, une nouvelle fois, son positionnement sur cette question certes juridique, mais ontologiquement philosophique, il prend enfin l’exemple des personnes souhaitant changer de sexe en énonçant : « là encore, pourquoi pas, mais il faut bien se rendre compte que c’est l’homme tout puissant, face à des éléments d’ordre biologique et naturel. C’est un choix de société. Le droit là-dedans c’est du vent, le droit viendra légitimer le choix qu’on fera ».

De ce subtil questionnement philosophico-juridique, qu’ont retenu les étudiants amateurs de réseaux sociaux ? Uniquement trois mots : #homophobie, #transphobie, #comparaisonhomosexualitéetzoophilie. Autrement dit, rien du tout.

Pourtant, à aucun moment, ce professeur n’a fait état d’une quelconque animosité envers les personnes ayant des relations homosexuelles ou envers les personnes transgenres. Bien au contraire. Il n’exprime son positionnement que sur la reconnaissance juridique de ces catégories sociales, qui durant très longtemps ont été soit ignorées, soit réprimées. En outre, à de multiples reprises, l’enseignant prend la peine de souligner qu’il ne s’agit que de son opinion et qu’il conçoit qu’on puisse avoir un avis différent du sien.

Quant à la prétendue comparaison entre le mariage pour tous et la zoophilie, elle en dit davantage sur ceux qui l’ont inventée et relayée que sur ce professeur qui ne l’a, à aucun moment, réalisée.

Faut-il retenir de cette hystérie virtuelle que, désormais, le seul fait de s’interroger sur des enjeux sociétaux ou de caricaturer la communauté LGBTQ+ constitue une preuve d’homophobie ou de transphobie ?

La situation devient extrêmement préoccupante lorsque la bêtise crasse inondant les réseaux sociaux brise l’espace virtuel et transpire dans le monde réel.

Il suffit d’examiner les extraits cités pour comprendre que ce professeur suit un cheminement intellectuel qu’il pousse à la caricature pour illustrer son propos. Face à ce qui en ressort sur les réseaux sociaux, la seule réaction adaptée consisterait à soupirer, à hausser les épaules et à pester contre ce culte de la paresse intellectuelle et des raccourcis faciles.

Cette paresse intellectuelle s’arrête-t-elle aux frontières de l’irréel ? Non, puisque, dans cette affaire, l’institution universitaire a cédé à l’immédiateté irréfléchie du virtuel.

Au détriment de toutes les règles du procès équitable, au détriment de la liberté académique la plus élémentaire, au détriment de toute notion de bon sens, le jour-même, l’administrateur provisoire de l’université Paris I Panthéon-Sorbonne a émis un communiqué pour tenter d’apaiser leur ire. Dans ce communiqué, l’administrateur s’est mis en scène qualifiant lui-même les propos de « discriminatoires » tout en tançant l’enseignant sur la place publique. Le communiqué ajoute que « la référente femme-homme, harcèlement et non-discrimination » de l’université a été saisie.

Néanmoins, qualifier ipso facto les propos tenus de discriminatoires, affirmer publiquement s’en désolidariser et avoir rappelé à l’ordre l’enseignant induit nécessairement un biais défavorable à celui-ci.

Nous le savons, le tribunal judiciaire est trop lent. Alors il a été remplacé par le tribunal médiatique et immédiat.

Nous le savons, le tribunal judiciaire respecte les principes juridiques. Le tribunal médiatique les ignore.

La justice haineuse et expéditive des réseaux sociaux a infiltré le monde universitaire, et ce sans la moindre résistance intellectuelle et sans le moindre esprit critique de certains de ses responsables.

La rationalité a cédé le pas à l’émotion hystérique d’une dizaine d’étudiants n’ayant visiblement pas compris la subtilité du propos.

Que des étudiants de deuxième année de droit s’indignent, soit. Cela peut être un excellent outil pédagogique. Mais que des journalistes ou des administrateurs d’université reprennent à leur compte des raccourcis faciles et prêts à penser d’un activisme qui ne dit pas son nom… c’est extrêmement inquiétant.

Une telle réaction questionne le rôle même de l’enseignement universitaire. La provocation est-elle toujours une méthode d’enseignement admissible ? Peut-elle encore servir d’outil pédagogique ?

La réponse devrait être assurément positive.

L’université doit préparer ses étudiants non seulement à l’entrée dans le monde du travail en leur dispensant des connaissances techniques, mais elle doit aussi les préparer à analyser la pluralité d’idées ; cela s’appelle l’esprit critique.

La pluralité d’opinions et l’esprit critique sont deux des piliers d’une société démocratique. Sans citoyens capables d’exprimer leurs idées, d’analyser des arguments contraires, de pouvoir les critiquer et en débattre, il n’y a pas de démocratie.

En cela, l’université peut être un formidable lieu d’apprentissage de la démocratie.

Encore faut-il que des professeurs puissent, sans crainte aucune, exprimer leurs opinions, et ce même si elles risquent de choquer ou d’émouvoir leur auditoire.

Comment développer ce sens critique, si des enseignants transmettent à leurs étudiants non pas une pensée élaborée parfois controversée, mais toujours la même purée d’idées prémâchée toute prête à être ingurgitée ?

L’université ne doit pas devenir un cocon déconnecté de la société et de ses multiples idées. La liberté de ton et d’opinion des enseignants est une richesse qui doit être, envers et contre tout, protégée. Surtout lorsqu’elle déplaît.

La liberté d’exprimer des idées consensuelles qui ne font jamais débat, ce n’est pas de la liberté, c’est de la bien-pensance.

La liberté d’expression ne s’éprouve que lorsqu’elle protège des propos qualifiés, par certains, d’indésirables. La Cour européenne des droits de l’homme ne s’y est pas trompée lorsque, dans un fameux arrêt de 1976, elle est venue rappeler que : « l’expression protégée ne vise pas seulement les informations accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi celles qui heurtent, choquent, ou inquiètent l’État ou une fraction quelconque de la population. Ainsi le veulent le pluralisme, la tolérance et l’esprit d’ouverture sans lesquels, il n’est pas de société démocratique ».

À défaut de remettre à Aram M… la palme de la délicatesse, il serait possible de lui accorder celle de la clairvoyance lorsqu’il a énoncé : « le mariage homosexuel, on peut être pour, il n’y a aucun problème, moi je suis contre, mais j’admets complètement qu’il y a des gens qui sont pour, à l’inverse, c’est plutôt eux qui ne l’admettent pas » (CEDH 7 déc. 1976, Handyside c. Royaume-Uni, req. n° 5493/72).

Il ne croyait pas si bien dire… une enquête vient d’être ouverte à la suite de la vindicte provoquée par ses propos.

Alors, courons le risque de la répétition : « Dans un univers où le succès est de gagner du temps, penser n’a qu’un défaut mais incorrigible, en faire perdre. » (J.-F. Lyotard).

Commentaires

"dictature de la bien-pensance". Tribune ridicule, titre ridicule qui cache bien mal vos opinions. Et comme d'habitude, pour soutenir des idées de merde que vous imaginez minoritaires alors qu'elles sont majoritaires et qu'elles tuent. Je ne vous salue pas.

Etant étudiante, je ne tolère quand même pas ses propos. Il y a des chances qu'il y ait des étudiant.e.s en plein questionnement sur leur orientation sexuelle et\ou leur identité sexuelle (ou de genre). Et le fait qu'un professeur, une personne sur laquelle on s'appuie (beaucoup) en tant qu'étudiant.e, émettent des opinions négatives sur un sujet qui pourraient nous concerner peut nous rendre encore plus pessimiste sur notre vie et nos questionnements.
Ce prof a tout à fait le droit d'émettre ses opinions, mais le faire sur un sujet qui pourraient concerner ses étudiant.e.s et les rendre encore plus mal-à-l'aise est quelque chose qui ne devrait pas se faire!

J'invite tous les courageux anonymes à assumer leurs propos et, en conséquence, à signer de leurs prénom et nom. C'est du moins ce que nous avons fait en rédigeant, et signant, cette tribune.
Les libertés d'opinion et d'expression supposent la responsabilité.

Ce que vous écrivez aurait pu être vrai si la forme avait été à la hauteur. Mais de la façon dont c'était fait, c'était du niveau café du commerce. C'est hallucinant que ce type puisse être prof, mais bon, vu ce que devient la société, je ne suis plus si surpris que cela...

Je remercie la rubrique Dalloz-actualité pour la publication de cet article qui interroge de façon très pertinente le rôle de l'enseignant dans le Supérieur et les limites de plus en plus étroites qui sont imposées à la liberté d'expression et de pensée.

Les propos de cet enseignant sont très mesurés. Il n'a fait que donner son opinion. Sa parole est libre de toute façon.

Qu'importe ce que ce professeur a dit ou encore la forme qu'il y a mis. Le simple fait qu'il soit jugé et condamné sur la place publique par la vindicte populaire est LE sujet inquiétant !
La discrimination à raison de l'orientation sexuelle est une infraction pénale qualifiée. Si d'aucun estime que c'est de cela qu'il s'agit, les juridictions sont là pour ça.
Je dirais même que si l'intéressé a tenu des propos discriminatoire d'une telle gravité que ce qui est dénoncé sur les réseaux sociaux, il est plus que souhaitable qu'il en réponde devant la société, et donc devant une juridiction pénale.
La justice ne souffre pas que de manque de moyens, elle souffre également de l'idée qui se répand que l'on peut s'en passer.
Mais l'un nourrit peut-être l'autre... Dans l'intérêt de qui ? Certainement pas de l'État de droit...
Comme dirait l'autre, "on n'a pas le cul sorti des ronces !"

L'inconvénient avec la société actuelle, c'est le jugement des personnes qui n'adhèrent pas à "l'évolution" de groupe. Ce professeur a simplement donné son opinion, il ne dénigre d'aucune manière l'homosexualité. Pour autant, son point de vue est considéré comme homophobe. Devons nous formater le cerveau de chaque personne qui a un avis contraire ?

Les réactions épidermiques que provoque votre rubrique ont cet effet désastreux de l'immédiateté internautique, ils effacent immédiatement la profondeur d'une pensée, la rigueur d'un raisonnement, que l'on y adhère ou non ; ils m'inspirent deux réflexions :
- il faut désormais du courage pour manifester son opinion (la vôtre est tout de même accusée de tuer ...) ; je vous félicite donc pour ce courage ainsi que le professeur ainsi lamentablement conspué ;
- l'extraordinaire tribune que l'internet donne à chacun devient le refuge de la vacuité de la pensée, de la nullité de la forme, de la lâcheté anonyme et d'une agressivité débridée par l'oubli de toute modestie.
Avis très personnel d'un avocat qui constate qu'une tribune médiatique ne se transforme pas en tribunal ou les droits de la défense existent encore, mais en lettre de cachet.

Je vous remercie pour votre article qui correspond tout à fait à l'ambiance actuelle de notre société.

Le titre de votre article est très évocateur de votre opinion......quelle neutralité !

J'ai arrêté de lire à "bien pensance"

bref, chacun comprend que certains plaident pour rendre délictuel des opinions selon quelles soient en faveur ou non de leurs aspirations.
Merci m. Aram M.. d'exprimer un point de vue en liberté. Il appert que la liberté, cette liberté est un cauchemar pour ceratins qui ne pensent pas, ne sont pas cultivés, n'acceptent pas la pluralité.

Le fait est que cet historien du droit recourt à l'exemple du mariage homosexuel et à celui du mariage avec une jument (nouvelle avancée qui ne devrait pas trop tarder à être revendiquée, nous prédit-il) - exemples qu'il fait se succéder - pour illustrer une même idée, selon laquelle "il n’y a plus de limites", l'Homme, par le droit, consacre la régularité de situations (grossièrement, faut-il comprendre) contre-nature. Au minimum un rapprochement est fait entre la relation amoureuse entre deux hommes ou deux femmes, d'une part, et, d'autre part, et la zoophilie ; c'est incontestable. En fait un assez visible signe d'égalité, ou du moins d'équivalence, est même placé entre les deux situations. Bref, c'est affligeant, tout comme cette tribune. Et je ne parle même pas du ton global, illustré par le renvoi (comme en pouffant) aux promoteurs de ces évolutions, les "pays nordiques", et à leurs habitants, des Vikings autrefois, est-il souligné (pour faire apparaitre qu'aujourd'hui il s'agirait plutôt... de femmelettes ?).

Toute forme d'expression stigmatisant ou traitant différemment et de manière défavorable des personnes en raison de caractéristiques réelles ou supposées telles que l'orientation sexuelle ou l'identité de genre sont des discours toxiques dont les conséquences sont nombreuses et dramatiques. Les propos homophobes et transphobes n'ont pas leur place à l'Université (ni ailleurs) et ne participent certainement pas a l’acquisition d'un esprit critique.

Bravo pour cette superbe tribune.
Nous vivons dans une drole de société où les chantres de la liberté d'expression qui sont Charlie le lundi quand il faut critiquer les musulmans et l'islam se retrouvent le mardi défenseurs de la censure dès qu'il s'agit de critiquer l'homosexualité (et pas les homosexuels) ou d'avoir une vision conservatrice de la société.

La liberté d’expression ne s’éprouve que lorsqu'elle protège des propos qualifiés, par certains, d’indésirables. Je remercie, par conséquent, la rubrique Dalloz-actualité pour la publication de cet article qui interpelle sur la fonction de professeur, sur l'usage de la provocation dans la pédagogie et les limites d'une démonstration douteuse. Finalement, c'est Voltaire qu'on assassine!!.

La vindicte populaire a encore frappé. Ce sont systématiquement les même personnes qui restent ouvertes au débat et aux contre arguments.

Certaines personnes refusent d'avoir en face d'eux quelqu'un qui n'est pas d'accord et refuse un débat.

A mon sens, c'est un aveu de faiblesse. Soit parce qu'on n'est pas persuadé d'être dans le vrai et qu'on redoute d'être confronté a ses propres contradictions. Soit c'est parce qu'on sait pertinemment que le débat jouera en la faveur de l'autre.
La plupart des débats que j'ai eu avec ces même personnes se sont terminés en "argumentum ad personam" ce qui clôturait l'échange. Et surtout, cela confirme mon opinion a leur sujet.

Quand on n'a plus d'argument, il souvent plus simple d'accuser la personne en face. C'est exactement ce qui se passe avec ce professeur.

Bonjour,
L’article est plus que pertinent !
L’université qui jadis était un lieu d’expression libéral est devenu une véritable prison. C’est la prison de la pensée.
Je n’ai jamais cru qu’un jour on écrirait un article de telle importance pour défendre un professeur d’universités.
Un professeur condamné pour avoir simplement exprimé son opinion.
Mais on est dans quel monde ?
L’homosexualité et la zoophilie sont des phénomènes sociaux sui generis à la société dans laquelle on évolue. Ils est donc normal qu’ils soient soumis au débat. Les évoquer ne voudrait pas dire que nous sommes pour ou contre. Moi personnellement, je trouve judicieux que des professeurs en parlent. Ce sont des thématiques abordées par l’anthropologie et la sociologie. Ce sont des sujets sensibles restés tabous depuis des siècles. Alors que l’homosexualité est pluri millénaire. On ne doit pas avoir l’autorisation de s’exprimer sur tel ou tel sujet.
Ce sont nos libertés de pensée qui sont remises en jeu. Défendons-les.
En tout cas, merci à vous deux d’avoir pris l’initiative de remettre les pendules à l’heure.
Votre article va certes faire des remous mais il était temps de briser l’Omerta.
Y en a assez de cette dictature de la pensée.
Bonne continuation
Sonia

Je crois surtout que les auteurs de cette tribune, qui semblent cependant attacher de l'importance à la responsabilité, n'ont pas bien compris la portée de la liberté académique. Cette liberté n'est pas le droit de se montrer fat ou sot (ou les deux). Le cas échéant, la liberté académique n'accorde aucune immunité ; liberté académique ou non, on se fait éventuellement voler dans les plumes, et c'est plutôt sain, par ses propres étudiants, pourquoi pas, qui ont aussi des libertés à exercer (par exemple celle de ne pas avoir à subir les opinions personnelles bas-de-gamme d'un enseignant en histoire du droit qui, de fait, vient placer un signe d'équivalence entre une relation amoureuse homosexuelle et la zoophilie (cf. mon commentaire précédent).

« "dictature de la bien-pensance". Tribune ridicule, titre ridicule qui cache bien mal vos opinions. Et comme d'habitude, pour soutenir des idées de merde que vous imaginez minoritaires alors qu'elles sont majoritaires et qu'elles tuent. Je ne vous salue pas. ».

Commentaire ridicule d'une personne ridicule ; mais est-ce étonnant dans une société qui ne fonctionne plus qu'à l'affect ? aux couleurs politiques de M. et Mme Michu ?

On emploie des formules péremptoires pour donner du sens à ses propos alors qu'elles évoquent plus un sentiment de danger et de malaise tant la parole d'un professeur d'université, aussi polémique soit-elle, doit être protégée de nos jours.

Le cœur même de l'enseignement supérieur, c'est justement cette liberté d'expression du professeur face à ses étudiants. Et bien entendu qu'il arrive que celle-ci choque l'auditoire car cela amène à un débat et à une réflexion.

Ce que certains souhaiteraient, c'est qu'on réduise cette liberté, d'aboutir à une forme de police de la pensée dont certains s'érigeraient en vigilants gardiens ; tout simplement inconcevable. Il faut arrêter de vivre dans un monde aseptisé.

Doit-on également parler du fait que ce cours ait été enregistré et filmé par un étudiant sans le consentement de son auteur ?

Au-delà de toute considération idéologique à l'égard des auteurs de la tribune, on ne peut que saluer la démarche si l'on veut protéger notre chère liberté d'expression.

Anatole.

« Toute vérité franchit trois étapes. D’abord, elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition. Puis, elle est considérée comme ayant été une évidence. » Arthur Schopenhauer

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