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Le droit en débats

Professions judiciaires : quand on a que l’Union

Réflexion commune de jeunes professionnels non résignés

Le 24 septembre 2020, de nombreux magistrats se réunissaient devant leurs juridictions respectives pour dénoncer les propos du garde des Sceaux relatifs à l’École nationale de la magistrature (ENM) et l’enquête diligentée à l’endroit de trois magistrats du parquet national financier.

Il est souvent délicat de commenter une actualité récente sans le bénéfice d’un recul nécessaire que seul le temps peut offrir.

Toutefois, cette nouvelle secousse dans le monde judiciaire constitue l’occasion de rappeler que le malaise exprimé par les magistrats ne saurait être ignoré et exige que tout un chacun se livre à un examen lucide de la situation, précaire, de notre justice.

Comment en effet ne pas dénoncer le cycle infernal dans lequel les professionnels du droit semblent enfermés depuis des décennies ?

Le schéma est toujours le même, il se répète inlassablement sans jamais pouvoir être enrayé.

L’institution judiciaire manque de moyens – tribunaux en voie de délabrement, effectifs sous-dimensionnés, parc informatique d’un autre âge – et il est devenu de moins en moins tolérable pour nos professions de s’y résoudre.

Et ce système saturé est confronté à un rythme soutenu de réformes qu’il est devenu une gageure de suivre.

Les avocats dénoncent une procédure aux subtilités parfois imperceptibles à l’œil nu et génératrices de tensions ; les magistrats s’inquiètent d’être laissés seuls face à la masse des tâches à accomplir.

Les professionnels sont ainsi devenus la variable d’ajustement – avocats confrontés à un taux record de sinistralité ; magistrats et greffiers éprouvés par des changements permanents – tandis que le justiciable a le sentiment d’une institution obsolète et inefficace.

Curieux paradoxe dans une société française toujours plus éprise de justice et néanmoins bien prompte à taxer de corporatistes les tentatives de mettre en lumière les obstacles.

Dans la tourmente, la division, la polémique et la focalisation sur quelques affaires graves mais non représentatives sont des réflexes regrettables mais bien vivaces.

Rappelons-nous qu’un barreau déconsidéré n’a jamais permis une justice fière, qu’une magistrature dénigrée n’a jamais fait avancer les droits.

Regardons le travail accompli au quotidien, main dans la main.

Réjouissons-nous des victoires de chacun et des réussites communes.

Soyons dignes de nos robes car elles ont bien plus en commun qu’elles ne diffèrent.

Continuons à nous battre pour les justiciables et pour l’État de droit ; bref, pour notre idéal de justice à défaut d’une justice idéale.

Commentaires

Que la profession d'avocat commence déjà par se dépoussiérer elle-même avant de s'attaquer à la justice... cette profession se meurt de sa superbe, de son langage du 19ème siècle, de son mépris pour les autres professionnels du droit. Il faudrait arrêter de se voir comme la clef de voûte des professions juridiques. Vous n'en êtes qu'une branche parmi d'autres.

Magistrats, huissiers, etc, devez défendre l'intérêt des citoyens. Défendez vos compétences contre le Garde des sceaux. Il n'y a pas que le pénal! Pourquoi avoir accepté des suppressions de tribunaux ? Pourquoi ne vous exprimez-vous pas contre des délais trop longs ; reussissez-vous à travailler avec les polices
et gendarmeries et autres services, ASE, etc? Battez-vous pour votre travail et les citoyens. A mon avis, sans le savoir, vous êtes 1 des clés
pour réduire des tensions locales, de
quartiers! Éducatrice et Chargée d'Insertion
Socio-Professionnelle depuis 30 ans.Merci de lire mon témoignage.

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