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Les ratés de l’enquête Érignac : « C’est la justice qui a failli »

La première chambre civile de la cour d’appel de Paris a examiné hier les demandes de neuf anciens mis en examen de la « piste agricole », une information judiciaire ouverte en 1998 à la suite de l’assassinat du préfet de Corse, Claude Érignac. Les requérants, mis en examen durant dix-huit ans, demandent la condamnation de l’État pour faute lourde et déni de justice. Décision le 27 mars.

par Julien Mucchiellile 7 février 2017

La « piste agricole » est un serpent de mer né au siècle dernier, venu mourir en 2016, mais qui convulse encore. Cette piste, ou plutôt l’information judiciaire n° 1337, ouverte pour « association de malfaiteurs en vue de commettre un acte terroriste », a couru de février 1998 à juin 2016, accolée au dossier de l’assassinat du préfet Claude Érignac, le 6 février 1998, dans une rue d’Ajaccio. C’est encore un 6 février, hier, que ceux qui ont été pris dans la nasse de l’antiterrorisme sont venus réclamer la condamnation de l’État, pour y être restés piégés beaucoup trop longtemps. En d’autres termes, ils attaquent l’État pour dysfonctionnement du service public de la justice, estimant qu’une faute lourde a été commise, ainsi qu’un déni de justice.

Neuf requérants sont représentés devant la première chambre civile de la cour d’appel de Paris, présidée par la première présidente, Chantal Arens. Trois sont présents, dont Dominique-Mathieu Filidori et son associé, Gérard Serpentini. Le premier était soupçonné d’être le commanditaire de l’assassinat du préfet. Véhément syndicaliste et sympathisant nationaliste, il a été placé sur la liste des suspects à cause de sa « sémantique », selon les fins limiers de la division nationale antiterroriste (DNAT), dirigée par le commissaire Roger Marion. Un tract – qui s’est révélé spécieux – usait d’une rhétorique dite « nationaliste », très proche de la prose de M. Filidori, qui avait déjà discouru devant la cour de sûreté de l’État, en 1979. À l’époque, tout cela paraissait sérieux et plusieurs des trente et un mis en examen de cette information judiciaire ont été détenus provisoirement. Mais après l’arrestation du «...

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