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Interview

« Il faut "professionnaliser" les jurés d’assises »

Dans l’ouvrage Cour d’assises : quand un avocat et un juré délibèrent, l’avocate Marie Dosé propose de renforcer le rôle des jurés en leur permettant d’accéder aux dossiers et en les formant davantage. Selon elle, le président doit être absent de la salle des délibérés.

le 15 décembre 2014

La rédaction : « J’éprouve de la défiance envers les jurés », écrivez-vous. Expliquez-nous pourquoi.

Marie Dosé : L’influence du magistrat ou la dépendance du juré au magistrat relève d’une impression d’audience très forte. Je raconte diverses anecdotes dans ce livre à ce sujet. Attention, je ne vais pas tomber dans un discours anti-magistrats parce que je suis avocate. Le magistrat peut exercer une bonne influence sur le jury. Il est là parfois pour calmer les ardeurs, notamment dans certaines affaires de viol, de pédophilie. Mais il a parfois une mauvaise influence. Avec certains présidents, les jurés n’ont aucun pouvoir. Le président leur dicte quoi penser, quoi faire. Ils sont pris en otage, ils ont peur. Ils ont peur de ce qui est en train de se passer, peur du pouvoir qui leur est donné, peur de ne pas penser comme le président.

C’est extrêmement violent, une cour d’assises, pour des jurés qui ne sont jamais entrés dans un tribunal. La violence de la douleur des uns et des autres… à un moment, pour les jurés c’est trop. Ils laissent alors volontiers leur pouvoir aux « sachants ». Soit on cantonne les jurés dans cette peur, soit on les « professionnalise » en leur donnant une formation digne de ce nom.

La rédaction : Vous pensez donc que la formation permettrait d’améliorer la situation ?

Marie Dosé : Oui....

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Marie Dosé

Marie Dosé est avocate au barreau de Paris depuis 2001. Elle exerce en droit pénal et en droit des étrangers. Elle plaide régulièrement aux assises, le plus souvent comme avocat de la défense.