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Christine Lagarde n’a pas « reçu d’instruction du président de la République »

Deuxième jour du procès de Christine Lagarde, jugée par la Cour de justice de la République (CJR), pour détournement de fonds public commis par un tiers résultant de sa négligence. Elle encourt un an de prison et 15 000 € d’amende.

par Marine Babonneaule 14 décembre 2016

Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), ancienne avocate et ancienne ministre a-t-elle été prise en étau entre un président de la République qui décidait de tout – il a tout de même reçu Bernard Tapie dix-sept fois à l’Élysée entre 2007 et 2010 – et la « techno structure » ultra puissante de Bercy ? De ce fait, a-t-elle été négligente ? Après deux jours d’audience, difficile de saisir la marge de manœuvre dont elle disposait dans cette affaire. Mais elle le répète, « je n’ai reçu aucune instruction ni du président de la République ni du Premier ministre, dans un sens comme dans l’autre ». Ces choix, elle les « assume ». La seule chose que Christine Lagarde concède, c’est que si abus il y a eu, il reste à savoir « le périmètre de ceux qui ont été abusés » (V. Dalloz actualité, 13 déc. 2016, art. M. Babonneau ).

La chronologie des faits est intéressante. Le 30 juillet 2007, se réunissent à l’Élysée, dans le bureau de Claude Guéant, François Pérol, Patrick Ouart, Jean-François Rocchi et Stéphane Richard1 et Bernard Tapie, au début du moins. Le lendemain, les liquidateurs des époux Tapie (et de la société Groupe Bernard Tapie) renouvellent pas courrier leur proposition d’arbitrage. Le 11 septembre, dans le bureau du directeur du cabinet de Christine Lagarde, avec Jean-François Rocchi et le directeur général de l’Agence des participations de l’État (APE) Bruno Bezard, la décision est prise. L’arbitrage aura lieu. Le Consortium de réalisation (CDR) en charge des conséquences financières des actions engagées dans l’affaire Tapie valide. La ministre ira dans le même sens après les synthèses orales de son directeur de cabinet Stéphane Richard et demandera le 10 octobre à...

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