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« Biens mal acquis » : trois ans d’emprisonnement et 30 millions d’euros d’amende requis

Trois ans d’emprisonnement, 30 millions d’euros d’amende et confiscation de tous les biens saisis en France. Telle est la peine requise mercredi matin à l’encontre de Teodoro Nguema Obiang Mangue, vice-président de Guinée équatoriale jugé par le tribunal correctionnel de Paris dans l’affaire des « biens mal acquis ».

par Pierre-Antoine Souchardle 6 juillet 2017

« La justice française n’est pas très réputée pour son extrême sévérité dans la lutte contre la grande délinquance financière », a rappelé le procureur Jean-Yves Lourgouilloux en demandant au tribunal de frapper au porte-monnaie le fils du président Obiang. Ses investissements en France avoisinent les 150 millions d’euros, selon les enquêteurs.

La semaine dernière, Teodoro Nguema Obiang Mangue, en marge du Forum panafricain de la jeunesse au Tchad, a qualifié ce procès de « mascarade (ne répondant) à aucune procédure légale ».

« C’est une posture de sa part », a répondu le procureur Lourgouilloux à l’absent de ce procès. « Que le prévenu ne se sente pas la cible exclusive de la justice française. Nous avons des dossiers autres que le sien », a-t-il ironisé en faisant référence à ceux d’anciens chefs d’État, premier ministre ou députés.

Que reproche la justice française au vice-président équato-guinée, qualifié de « petit Ubu roi de carnaval et de casinos » par William Bourdon, avocat de Transparency International, partie civile ? D’avoir blanchi en France des fonds provenant de délits commis en Guinée équatoriale. Le délit de blanchiment est une infraction distincte et autonome des infractions d’origines, a souligné le procureur. Le tribunal n’a pas à juger les délits commis à l’étranger, juste les caractériser, pour qualifier l’infraction de blanchiment. « Il n’y a pas de place pour la relaxe », a-t-il asséné.

Pourquoi autant d’investissements en France ? « Parce que pendant...

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