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L’histoire à l’Assemblée : Les « Fusillés pour l’exemple » de la Grande Guerre

La proposition de loi relative à la réhabilitation collective des fusillés pour l’exemple de la guerre de 1914-1918 a été rejetée par l’Assemblée nationale.

par Thibault de Ravel d'Esclaponle 7 juin 2016

Le 26 mai 2016, à l’Assemblée nationale, la Grande Guerre était évoquée. Ce n’était pas en raison de la rencontre historique qui devait se dérouler quelques jours plus tard à l’ossuaire de Douaumont entre Angela Merkel et François Hollande. C’était le destin tragique de quelques centaines de soldats – environ 600 (les chiffres varient légèrement) – qui était discuté dans l’hémicycle par une poignée de députés. Il s’agissait de ceux que l’on appelle les fusillés pour l’exemple, c’est-à-dire ces soldats envoyés au front et qui ont été exécutés pour manquement à la discipline militaire. Ces faits concernent plutôt le tout début de la guerre. Assez paradoxalement, le vaste mouvement de mutinerie collective, à partir de 1917, a suscité moins de condamnations à la peine capitale que les abandons individuels (A. Prost, Quelle mémoire pour les fusillés de 1914-1918 ? Un point de vue historien, 1er oct. 2013, p. 4).

Déposée à l’initiative du groupe Gauche démocrate et républicaine, était débattue une proposition de loi relative à la réhabilitation collective des Fusillés pour l’exemple de la guerre de 1914-1918. Soucieux d’aller au-delà des quelques réhabilitations déjà intervenues au cours des années passées et de « réunir enfin en une seule et même mémoire apaisée tous ceux qui, durant cette guerre, sont morts pour la France » (exposé des motifs, p. 3), ce groupe de députés proposait l’adoption d’un article unique, ainsi libellé : « Les “Fusillés pour l’exemple” de la Première Guerre mondiale font l’objet d’une réhabilitation générale et collective et, en conséquence, la Nation exprime officiellement sa demande de pardon à leurs familles et à la population du pays tout entier. Leurs noms sont portés sur les monuments aux morts de la guerre 1914-1918 et la mention “Mort pour la France” leur est accordée ». Voilà un texte...

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