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Le footballeur professionnel peut s’exprimer également hors du terrain

La chambre sociale précise, dans un arrêt du 28 avril 2011, une nouvelle fois, le champ d’application de la liberté d’expression du salarié.

par A. Astaixle 9 mai 2011

Les lecteurs, téléspectateurs ou auditeurs de la presse sportive ne le savent que trop bien : le maniement de la langue de bois est une seconde nature chez le sportif professionnel. Il convient en effet, pour celui-ci, d’être prudent quant à la portée de ses déclarations vis-à-vis, pêle-mêle, de l’arbitrage, des instances dirigeantes, des adversaires, des supporters, etc. Chaque propos est étudié, soupesé et souvent utilisé à l’encontre du joueur, notamment dans le cas de procédures disciplinaires ou dans le cadre du fonctionnement de « comités d’éthique » dont l’origine du pouvoir coercitif demeure assez floue (V., de façon plus vaste, A. Teissier, La délicate qualification juridique des codes d’éthique, Sem. soc. Lamy n° 1364, 1er sept. 2008, pp. 13-14). Et l’employeur ne déroge pas à cette étrange cabale. Au cas rapporté, un joueur de football professionnel, dont les relations avec son entraîneur étaient si exécrables qu’elles ont basculé en pugilat médiatique, s’est vu licencié pour avoir déclaré dans la presse écrite et radiophonique que « l’entraîneur manquait de cohérence et de diplomatie et salissait les joueurs pour laver sa responsabilité ». Celui-ci n’était pas en reste et déclarait que le joueur « n’avait plus le niveau et était très orgueilleux et égocentrique ».

Pour l’association sportive, employeur du joueur, et son président, le joueur de football professionnel était tenu d’une obligation particulière de loyauté lui interdisant « d’adopter un comportement de nature à discréditer l’autorité de l’entraîneur sur le groupe professionnel et, par suite, à déstabiliser ce dernier ». Y contrevenir en « mettant en cause de manière répétée dans la presse les méthodes de gestion de son entraîneur et le fonctionnement du club » revenait à commettre une faute grave, laquelle avait été sanctionnée par un licenciement.

La liberté...

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