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Jacques Dallest, l’homme libre

par Isabelle Horlansle 12 novembre 2015

Sa vie a radicalement changé. Ses jours et ses nuits ne sont plus « parsemés de taches rouges », comme il les décrivait dans une métaphore pudique lorsque les règlements de comptes sanglants le propulsaient sur les trottoirs marseillais ou les routes corses. Si Jacques Dallest apprécie toujours de « se frotter » au crime, c’est en robe noire, devant les cours d’assises de Savoie et de Haute-Savoie. Il y requiert quand sa charge de procureur général près la cour d’appel de Chambéry autorise une échappée. Il a besoin de l’âpreté du monde réel, fût-il dramatique : « Le droit enferme dans un univers à part ; ici se situe le danger. Moi, je suis un montagnard qui aime la fréquentation de gens authentiques. Je veux m’ouvrir à tous les milieux, à la folie, à la pauvreté. On y croise des êtres formidables dont on apprend beaucoup ». À ses étudiants de Sciences Po, de l’École nationale de la magistrature, de la faculté chambérienne, il conseille « de garder la dimension sociologique et philosophique de la profession ». D’où sa volonté de ne pas se limiter aux exigences administratives que ses fonctions lui ont imposées dès le 23 septembre 2013, date de son affectation au faîte de la hiérarchie judiciaire et au pied de ses Alpes natales.

Jacques Dallest, 60 ans, assure ne pas regretter ses années mouvementées dans les Bouches-du-Rhône. Il a calmé ses ardeurs, renoncé sans peine à l’examen de cadavres, à l’odeur des salles d’autopsie, aux poussées d’adrénaline. Il faut dire qu’entre le 17 mai 2008, qui...

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