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À Créteil, la justice contre l’État

À l’initiative du syndicat de la magistrature (SM) et du syndicat des avocats de France (SAF), l’État a comparu devant un tribunal fictif pour avoir abandonné la justice.

par Julien Mucchiellile 15 mars 2016

Ils sont comme entassés dans un réduit, dans la salle F du tribunal de grande instance de Créteil (Val-de-Marne). Un greffier déroule à la barre de cette cour mal insonorisée une liste de griefs qui lui font trembler la voix : le manque de personnel, les heures supplémentaires impayées, le temps de repos rogné, les risques psychosociaux qui en découlent, les économies de bout de chandelle faites sur le dos des « techniciens de la justice », plus maltraités que jamais. Il y a un tribunal dans le fond, l’accusation à gauche et une défense muette à droite. L’accusé est un monstre, mais comme le dit le magistrat Mathieu Bonduelle, avocat de la partie civile le temps de la fiction, « même les monstres ont droit à une défense ». C’est un monstre ou plutôt un Léviathan, que les deux syndicats ont jugé lors d’une audience parodique et symbolique. L’État comparaissait pour sa coupable impéritie, pour sa mise en danger de la justice et devait répondre de son incurie dénoncée par une ribambelle de représentants des professions de justice.

« On travaille à perte. Pour notre bonheur et celui de la justice »

Après le greffier indigné – syndiqué à la CGT – c’est Pascale Taelman, une avocate du SAF, qui a décrit la précarisation de sa...

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