Accueil
Le quotidien du droit en ligne
Envoyer à un ami-A+A
Article

Les discriminations linguistiques font leur entrée dans le code du travail

C’est la loi Justice du 21e siècle qui a introduit ce nouveau motif de discrimination, « la capacité à s’exprimer dans une langue autre que le français ». Mais cette nouvelle mesure soulève un certain nombre de questions. Quelles sont les discriminations couvertes ? Comment cette mesure s’appliquera-t-elle en droit du travail ? 

par Florence Mehrezle 17 janvier 2017

La mesure s’est glissée dans la loi de modernisation de la Justice du 21e siècle1. Un nouveau motif de discrimination prohibée a fait son apparition, qui s’ajoute aux motifs déjà prévus par la loi du 27 mai 2008 : « la capacité à s’exprimer dans une langue autre que le français ».

Reste à savoir ce que recouvre précisément ce nouveau critère.

L’illettrisme et l’analphabétisme ne sont pas concernés

Selon l’exposé de l’amendement qui a introduit ce nouveau critère, « la capacité de parler une autre langue diffère de l’incapacité de parler la langue française ». Il ne s’agit donc pas de protéger contre tout comportement discriminatoire les personnes maîtrisant mal la langue française.

À l’inverse, il n’est pas non plus possible, selon l’avocate Déborah David, associée au sein du cabinet Jeantet, de retenir comme interprétation celle selon laquelle il ne serait pas possible de demander à une personne de parler français. « Ce serait contraire à la Constitution qui fait du français la langue de la République. Par ailleurs, la loi du 4 août 1994 relative à l’emploi de la langue française pose le principe que la langue française est la langue du travail ».

Enfin, l’avocate écarte une troisième interprétation, celle de ne pas maîtriser une autre langue que le français, être mono-langue. « Je vois mal dans quel cas cette interprétation...

Il vous reste 75% à lire.

Vous êtes abonné(e) ou disposez de codes d'accès :